Spondylodiscite L4-L5 au scanner multibarrettes.

Anamnèse actuelle: Patiente de 40 ans. Status après cure de hernie discale L4-L5 il y a quelques mois. Si les suites opératoires ont été simples, la patiente insiste avec force pour dire que la symptomatologie n'a pas été améliorée par l'intervention chirurgicale. Au contraire, quelques semaines après l'intervention, une recrudescence des lombalgies apparaît et la patiente ne peut plus marcher qu'avec des cannes. Il n'y a pas d'état fébrile. Les analyses sanguines sont quasi-normales. En particulier les globules blancs et la CRP (marqueur d'inflammation) sont dans les limites de la norme. La patiente est adressée en radiologie, par son médecin traitant, pour exclure une récidive de hernie discale L4-L5.

Au cours des investigations, des prélèvements sous scanner ont été effectués chez cette patiente.

Scanner du rachis lombaire. Reconstruction coronale. Image 1.
1, Rein droit 2, Corps vertébral de L4 3, Corps vertébral de L5. 4, Muscle psoas (gauche). 5, Articulation sacro-iliaque (gauche). Il existe clairement des troubles dégénératifs du rachis lombaire. Mais remarquez les contours mal définis, grignotés des plateaux vertébraux inférieurs de L4 et supérieurs de L5.

Spondylodiscite L4-L5. Image 1
  • Scanner du rachis lombaire. Reconstruction coronale. Image 1.
    1, Rein droit 2, Corps vertébral de L4 3, Corps vertébral de L5. 4, Muscle psoas (gauche). 5, Articulation sacro-iliaque (gauche). Il existe clairement des troubles dégénératifs du rachis lombaire. Mais remarquez les contours mal définis, grignotés des plateaux vertébraux inférieurs de L4 et supérieurs de L5.

  • Scanner du rachis lombaire. Reconstruction coronale. Image 2.
    1, Rein gauche 2, Corps vertébral de L4 3, Corps vertébral de L5.4, Muscle psoas (droit). 5, Articulation sacro-iliaque (droit). Il existe clairement des troubles dégénératifs du rachis lombaire. Mais remarquez les contours mal définis, grignotés des plateaux vertébraux inférieurs de L4 et supérieurs de L5.

  • Scanner du rachis lombaire. Reconstruction sagittale. Image 3.
    1, Vertèbre L4. 2, Vertèbre L5. Il existe clairement des troubles dégénératifs du rachis lombaire. Mais remarquez les contours mal définis, grignotés des plateaux vertébraux inférieurs de L4 et supérieurs de L5.

  • Scanner du rachis lombaire. Reconstruction sagittale. Image 4.
    1, Vertèbre L1. 2, Vertèbre L4. 3, Vertèbre L5. Il existe clairement des troubles dégénératifs du rachis lombaire. Mais remarquez les contours mal définis, grignotés des plateaux vertébraux inférieurs de L4 et supérieurs de L5.

  • Scanner du rachis lombaire. Coupe axiale. Fenètre osseuse. Image 5.
    1, Corps vertébral. 2, Psoas droit. 3, Canal rachidien.

  • Scanner du rachis lombaire. Coupe axiale après injection de contraste. Fenètre tissus mous.Image 6.
    1, Corps vertébral. 3, Crête iliaque. On ne voit pas d'abcès, mais une infiltration des tissus mous périvertébraux (en avant, relié à l'infection; en arrière, relié en tous cas à la chirurgie. Asymétrie de volume du psoas en défaveur de la gauche 2,.

  • Scanner du rachis lombaire. Coupe axiale après injection de contraste. Fenètre tissus mous. Image 7.
    1, Corps vertébral. 2, Crête iliaque. Flèche, Canal rachidien. Il existe une infiltration tissulaire du canal rachidien et on a l'impression de rehaussement après contraste. Pour cette raison, une IRM est demandée en urgence.

  • Biopsie sous scanner. Image 8 de 8.
    La patiente est en décubitus ventral. Le signe * indique la présence de l'aiguille de biopsie. Les spécimens recueillis sont envoyés à la fois en anatomie-pathologie et en microbiologie. Réponse de la culture: infection à staphylocoques!.

Un staphylocoque est à l'origine de la pathologie chez cette patiente. Cette atteinte infectieuse du disque et des vertèbres adjacentes est appelée spondylodiscite.

Avec le scanner, certains signes en faveur d'une spondylodiscite sont mis en évidence comme la destruction des plateaux adjacents et l'épaississement des tissus mous de voisinage. Toutefois, le scanner ne permet pas d'évaluer correctement le contenu du canal rachidien.

L'IRM permet une détection beaucoup plus précoce des spondylodiscites et une meilleure appréciation du canal rachidien: c'est l'examen de choix. Comparez avec la page: «Infection post-opératoire du rachis: aspect IRM» (même cas).

Le scanner reste encore utilisé pour réaliser des prélèvements permettant de déterminer la nature de l'agent infectieux.

Bibliographie:

• Michel SC, Pfirrmann CW, Boos N, Hodler J. CT-guided core biopsy of subchondral bone and intervertebral space in suspected spondylodiskitis. AJR Am J Roentgenol. 2006 Apr;186(4):977-80.
• Chew FS, Kline MJ. Diagnostic yield of CT-guided percutaneous aspiration procedures in suspected spontaneous infectious diskitis. Radiology. 2001 Jan;218(1):211-4.