Contre-indications et risques encourus lors d'une IRM

IRM et effets biologiques

Différentes sortes de champs magnétiques sont utilisées en imagerie par résonance magnétique du corps humain. Certains champs magnétiques sont de type statiques, d'autres correspondent à des gradients. L'intensité des champs utilisés en pratique clinique varie de 0.2 à 3 Tesla. Dans des instituts de recherche, on trouve même des appareils utilisant des champs magnétiques de 8 Tesla. Outre l'utilisation de champ magnétique, l'obtention d'images IRM nécessite l'émission d'onde RF. Par ailleurs, l'utilisation des gradients est source de bruit dont la puissance acoustique peut être importante.

Chacun des points ci-dessus a fait l'objet de recherches quant à l'apparition possible d'effets indésirables. Toutes ces études ont fait l'objet de publications dans des journaux scientifiques comme l'American Journal of Roentgenology ou Radiology. Des investigations ont même été effectuées sur les risques liés au bruit produit pendant les examens IRM.

Les effets biologiques d'une courte exposition à un champ magnétique statique ont été étudiés extensivement et aucun effet délétère n'a été démontré jusqu'à présent.

Des expériences ont montré que l'utilisation de gradients de champs magnétiques pouvait provoquer une stimulation des nerfs périphériques et rendre inconfortable un examen IRM. Toutefois, les paramètres des gradients de champ magnétique utilisés en pratique clinique sont largement en deçà de ceux employées dans ces études.

L'émission d'ondes radio s'accompagne d'un échauffement des tissus. Ces effets thermiques sont dépendants de la quantité d'énergie absorbée par les tissus. Le taux d'absorption spécifique est la norme utilisée pour mesurer ces effets. Aux Etats-Unis, le maximum admissible en routine clinique est de 4W/kg pour le corps entier. à 1.5T, en pratique clinique courante, les SAR restent largement en deçà des limites admissibles. A 3 Tesla, avec le doublement de l'intensité des champs magnétiques, l'énergie déposée dans les tissus peut quadrupler, de sorte que des sécurités empêchant tout dépassement des limites SAR ont été mises en place par les constructeurs.

D'une manière générale, le bruit excessif peut provoquer une diminution ou une perte de l'audition. Pour ces raisons, le bruit produit à l'intérieur d'une unité IRM est généralement limité à 99dB. Les séquences les plus bruyantes sont les séquences rapides comme les fast spin-echo, les fast gradient echo ou les echo planar (EPI). La présence de bruit durant l'examen peut augmenter l'anxiété des patients ou rendre inconfortable l'examen. La mise en place de bouchons dans les oreilles est le moyen le plus facile de limiter tous les désagréments dus aux bruits.

Corps métalliques et IRM

Parce que l'IRM utilise un champ magnétique, la présence de pièces métalliques dans le corps pose problème en raison du risque de déplacement, d'un possible échauffement des tissus (d'où un risque de brûlure) et de la création d'artéfacts pouvant gêner l'interprétation de l'examen. L'importance de ces effets dépend de la nature du métal (conducteur/ferromagnétique ou non). Par ailleurs, le fonctionnement des appareils électroniques comme un stimulateur cardiaque, peut être perturbé ou stoppé par la présence du champ magnétique.

L'existence d'un risque à subir un examen IRM est dépisté par un entretien et via un questionnaire sur le passé médical et la présence de pièces métalliques dans le corps. La même procédure s'applique aux accompagnateurs qu'ils fassent partie de la famille ou même du personnel médical.

Une majorité d'appareils électroniques comme les stimulateurs cardiaque, les neurostimulateurs, les implants cochléaires ne sont pas compatible avec un examen IRM. Dés lors il appartient au médecin référent de se renseigner auprès du fabricant/ de ses confrères et d'adresser son patient à l'IRM avec une lettre indiquant dans quelles conditions l'examen peut être réalisée.
Un certain nombre de prothèses comme les valves cardiaques, les filtres ou les stents peuvent ne pas être compatible avec un examen IRM, de sorte que la problématique et la démarche sont la même que celle indiquée précédemment.

Aujourd'hui la plupart des vis, plaques et clous, etc. posés par les chirurgiens sont en principe IRM-compatibles. Il convient d'être prudent lorsque l'intervention n'est pas récente ou que les habitudes du chirurgien référent ne sont pas connues.

Une pièce métallique peut provoquer de nombreux artéfacts qui masquent la région examinée et la qualité de l'examen s'en trouve diminuée (voire non-diagnostique).

Autres contre-indications / risques

Tatouages

Certains tatouages peuvent contenir des particules ferro-magnétiques et de rares cas de brûlures cutanées ont été décrites. Selon Schellock, la compression de la zone tatouée par un sac de glace ou des bandes permet d'éviter ce genre d'incident.

Piercing

Ces bijoux sont parfois constitués d'un métal conducteur et la possibilité d'un déplacement ou / et de petites brûlures existent. Les piercings devraient donc être enlevés avant un examen IRM. Si cela n'est pas possible, Shellock suggère d'envelopper ces piercings avec des compresses afin de minimiser d'éventuels effets indésirables.

Corps intra-oculaires

Le déplacement de corps métalliques intra-oculaires peut entraîner de graves dégâts. Dans une population à risque (décolletages par exemple), il est généralement demandé d'effectuer des radiographies des orbites avant que l'examen IRM soit réalisé. Dans certains cas particuliers, un scanner ou un examen ophtalmologique peut être exigé.

Claustrophobie.

Si vraiment nécessaire, l'examen peut être réalisé sous sédation profonde.

Autres

Les risques liés à l'administration de chélates de gadolinium (allergie, insuffisance rénale), à la grossesse, à l'allaitement ont leurs pages propres: voir menu colonne de droite.

Bibliographie

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