Fracture de la rotule (patella)

La patella (rotule) est un os sésamoïde. Cet os possède une face recouverte de cartilage qui s'articule avec le fémur. Le pôle supérieur de la rotule (patella) est relié aux muscles antérieurs de la cuisse par le tendon quadricipital. Le pôle inférieur est fixé au tibia (tubérosité tibiale) par le tendon rotulien (ligament patellaire) et les rétinaculums patellaires. Ce montage a pour effet de multiplier l'action exercée par le muscle quadricipital («effet de levier») et son rôle est de permettre l'extension de la jambe.

Ce type de fracture survient lors d'un choc direct ou lors d'une contraction du quadriceps associée à une flexion de la jambe.

La fracture peut être simple (deux fragments) et le trait de fracture peut être vertical ou horizontal. Bien évidemment, une rotule peut «exploser» sous l'effet d'un choc direct et la fracture est comminutive (= plus de deux fragments).

Une fracture de la rotule entraîne un gonflement du genou et une perte variable de l'extension de la jambe.

La perte de l'extension de la jambe peut être considérable en cas de fracture transverse simple avec important déplacement des fragments. Dès lors pour les fractures transverses simples, le traitement peut être conservateur ou chirurgical. Le choix du traitement est dicté par l'importance du déplacement des fragments ou la présence d'une «marche d'escalier» au niveau de la surface articulaire.

Sur des radiographies standards, les fractures sont généralement visibles comme des solutions de continuité sur des incidences AP et de profil. Un cliché à rayon horizontal peut démontrer la présence d'un niveau liquidien (lipohémarthrose). Il est généralement considéré comme judicieux de réaliser de telles radiographies standards avant de demander un scanner ou une IRM.

Le scanner (tomodensitométrie) détecte très bien les fractures. Il est surtout utile dans les fractures complexes car il permet d'obtenir des reconstructions coronales et sagittales. Il est également facile d'obtenir des reconstructions tridimensionnelles qui permettent aux chirurgiens de mieux planifier le traitement.

En plus de mettre en évidence les fractures, l'IRM détecte les lésions ligamentaires ou méniscales. Le trait de fracture est visible comme une ligne serpigineuse hypointense en T1 et hyperintense en T2 (ou T2FATSAT).

Illustration

Jeune homme, sans antécédent médico-chirurgical particulier. Choc contre un muret lors d'une promenade à vélo.

IRM, Coupe sagittale, T1. Image 1.
1, Tendon quadricipital. 2, Rotule (patella). 3, Fémur. 4, Ligament croisé postérieur. 5, Tibia. Flèche, Trait de fracture.

Fracture de la rotule (patella). Image 1
  • IRM, Coupe sagittale, T1. Image 1.
    1, Tendon quadricipital. 2, Rotule (patella). 3, Fémur. 4, Ligament croisé postérieur. 5, Tibia. Flèche, Trait de fracture.

  • IRM, Coupe axiale, T1. Image 2.
    1, Rotule (patella). 2, Fémur. 3, A. et V. poplitée. Flèche, Trait de fracture.

  • IRM, Coupe axiale, T1. Image 3.
    1, Rotule (patella). 2, Fémur. 3, A. et V. poplitée. Flèche, Trait de fracture.

  • IRM, Coupe axiale, T1. Image 4.
    1, Rotule (patella). 2, Fémur. 3, A. et V. poplitée. Flèche, Trait de fracture.

  • IRM, Coupe sagittale, T2FATSAT. Image 5.
    1, Fémur. 2, Rotule (patella). 3, Ligament croisé postérieur. 4, Tibia. Flèche, Trait de fracture.

  • IRM, Coupe axiale, T2FATSAT. Image 6.
    1, Rotule (patella). 2, Fémur. Flèche, Trait de fracture.

Diagnostic: Fracture transverse simple de la rotule (patella). Déplacement modéré.

Bibliographie:

• DW Stoller, P Tirman, M Bredella.Diagnostic Imaging: Orthopaedics. 1st ed. Salt Lake City.
Amirsys. 2004.